Pour un couple avec une tranche marginale d'imposition a 30 %, chaque euro déduit du revenu imposable genere 30 centimes d'économie fiscale. Multiplie par des versements réguliers sur un PER pendant 20 ou 25 ans, ce levier fiscal peut représenter plus de 70 000 euros d'économie d'impôt cumulée. Combine a une assurance vie bien structurée, il permet de viser un patrimoine financier proche du million d'euros à la retraite. Le cas de Sophie et Marc illustre cette stratégie accessible a de nombreux couples français.
Le profil de Sophie et Marc : un couple actif fortement impose
Sophie, 38 ans, est responsable des ressources humaines dans un grand groupe industriel de la région lilloise. Son salaire net imposable annuel s'eleve a 52 000 euros. Marc, 40 ans, est ingénieur informatique en CDI dans une ESN (entreprise de services du numérique), avec un revenu net imposable de 48 000 euros par an. Maries sous le régime de la communauté légale depuis 12 ans, ils déclarent ensemble un revenu fiscal de référence de 100 000 euros.
Le couple a deux enfants : Arthur, 9 ans, et Louise, 6 ans (soit 2,5 parts fiscales avec le demi-part pour les deux enfants). Leur tranche marginale d'imposition (TMI) se situe a 30 %. Ils paient actuellement environ 11 500 euros d'impôt sur le revenu par an, preleves à la source chaque mois, soit environ 960 euros par mois.
Sophie et Marc trouvent cette pression fiscale excessive et cherchent des solutions légales pour la réduire, tout en préparant l'avenir. Ils ont longtemps hesite entre investir dans l'immobilier locatif (loi Pinel, LMNP) et optimiser via des enveloppes financières. Après analyse, ils optent pour la combinaison PER + assurance vie, plus souple et moins contraignante que l'immobilier.
Leur patrimoine actuel
- Résidence principale estimée a 380 000 euros (crédit restant : 140 000 euros, mensualité : 1 100 euros/mois, reste 10 ans)
- Livrets reglementes : 45 000 euros (Livret A et LDDS aux plafonds pour chaque conjoint)
- Assurance vie chez Boursorama Vie souscrite en 2019 : 35 000 euros en fonds euros uniquement (rendement 2024 : 2,70 %)
- Épargne salariale de Marc (PEE) : 22 000 euros
- Pas de PER
Leurs objectifs clairement définis
- Réduire leur impôt sur le revenu de manière significative, en passant de 11 500 à 8 000 - 9 000 euros par an
- Préparer leur retraite avec un horizon de 22 à 25 ans, en visant un complément de revenus de 1 500 euros par mois
- Diversifier leurs placements au-delà du fonds en euros, qui ne suffit plus a battre l'inflation durablement
- Conserver une poche de liquidité accessible en cas de besoin (travaux, voiture, vacances)
La stratégie mise en place : PER + assurance vie
Étape 1 : ouvrir un PER pour chacun et maximiser la déduction fiscale
Le plafond de déduction des versements PER est égal a 10 % des revenus professionnels nets, dans la limite de 10 % de 8 PASS (soit environ 37 094 euros en 2026). Concrètement, Sophie peut déduire jusqu'à 5 200 euros par an, et Marc jusqu'à 4 800 euros par an.
Sophie ouvre un PER chez Linxea Spirit PER, Marc ouvre le sien chez Placement-direct Vie PER. Le couple decide de verser :
- Sophie : 5 000 euros par an sur son PER (soit 416 euros/mois en versements programmes)
- Marc : 4 500 euros par an sur son PER (soit 375 euros/mois en versements programmes)
Exemple chiffre : économie d'impôt immédiate du PER
- Versements PER annuels du couple : 5 000 + 4 500 = 9 500 euros
- TMI du foyer : 30 %
- Économie d'impôt annuelle : 9 500 x 30 % = 2 850 euros
- Impôt avant PER : 11 500 euros/an
- Impôt après PER : environ 8 650 euros/an
- Réduction de la facture fiscale : près de 25 %
Autrement dit, le couple ne debourse réellement que 6 650 euros pour placer 9 500 euros sur ses PER. Les 2 850 euros restants sont finances par l'État via l'économie d'impôt. C'est un rendement immédiat de 30 % garanti, avant même que les fonds ne soient investis sur les marches.
Étape 2 : restructurer l'assurance vie existante chez Boursorama Vie
Le contrat d'assurance vie de 2019, place a 100 % en fonds euros, rapporte environ 2,70 % net (rendement 2024). Avec un horizon de 20+ ans avant la retraite, cette allocation est beaucoup trop prudente. Le couple realise un arbitrage progressif vers une allocation diversifiée :
- 40 % en fonds euros Boursorama Vie (14 000 euros) : socle securise, rendement 2024 de 2,70 %
- 35 % en ETF Amundi MSCI World (12 250 euros) : croissance long terme, frais de 0,18 %
- 15 % en SCPI Iroko Zen dans l'assurance vie (5 250 euros) : rendement 2024 de 7,12 %, capitalise sans fiscalité annuelle
- 10 % en ETF Amundi Euro Aggregate Bond (3 500 euros) : diversification et stabilisation
Le rendement global estime passe de 2,70 % a environ 5 % net de frais, soit un gain de rendement de 2,3 points par an. Sur 20 ans, cette optimisation représentera plus de 50 000 euros de gains supplémentaires.
Étape 3 : mettre en place des versements réguliers sur l'assurance vie
En plus des PER, Sophie et Marc programment des versements mensuels sur leur assurance vie Boursorama Vie :
- 500 euros par mois avec la même allocation diversifiée (40 % fonds euros, 35 % ETF monde, 15 % SCPI, 10 % obligations)
Ce versement, contrairement au PER, n'offre pas de déduction fiscale à l'entrée mais garantit une sortie beaucoup plus souple. L'assurance vie est accessible a tout moment, sans condition de déblocage. C'est la complémentarité des deux enveloppes qui fait la force de la stratégie globale.
Étape 4 : optimiser les clauses bénéficiaires
Sophie et Marc révisent les clauses bénéficiaires de leurs contrats respectifs. Chacun designe : "Mon conjoint, a défaut mes enfants nés ou a naître par parts egales, a défaut mes héritiers." Cette formulation standard protege le conjoint survivant tout en prévoyant la transmission aux enfants en second rang.
Pour les contrats les plus importants a terme, le couple envisagera un démembrement de clause (usufruit au conjoint, nue-propriete aux enfants) pour optimiser la transmission au second décès.
Les chiffres : projection a 10, 20 et 25 ans
Volet PER (versements de 9 500 euros par an au total)
Hypothèses : rendement moyen net de frais de 5 %, versements constants sur 22 ans (jusqu'aux 60 ans de Sophie).
| Horizon | Capital verse (cumul) | Valeur estimée | Plus-values générées | Économie impôt cumulée |
|---|---|---|---|---|
| 10 ans | 95 000 € | 125 800 € | 30 800 € | 28 500 € |
| 20 ans | 190 000 € | 334 200 € | 144 200 € | 57 000 € |
| 25 ans | 237 500 € | 496 300 € | 258 800 € | 71 250 € |
A la retraite de Marc (65 ans, dans 25 ans), le capital PER cumule du couple pourrait atteindre environ 496 000 euros. L'économie fiscale totale réalisée à l'entrée s'élèverait a 71 250 euros, un levier considérable qui a finance une part significative de l'effort d'épargne.
Volet assurance vie (500 euros/mois + capital existant de 35 000 euros)
Hypothèses : rendement moyen net de frais de 5,2 % (allocation diversifiée).
| Horizon | Capital verse (cumul) | Valeur estimée | Plus-values générées |
|---|---|---|---|
| 10 ans | 95 000 € | 130 400 € | 35 400 € |
| 20 ans | 155 000 € | 322 700 € | 167 700 € |
| 25 ans | 185 000 € | 479 800 € | 294 800 € |
Bilan patrimonial global a 25 ans (départ en retraite de Marc)
- PER du couple : environ 496 000 euros
- Assurance vie : environ 480 000 euros
- Total épargne financière : environ 976 000 euros
- Économie d'impôt totale via PER : 71 250 euros
- Résidence principale : crédit rembourse depuis 15 ans, valeur estimée 480 000 euros
Le couple aura investi au total environ 422 500 euros (PER + assurance vie) pour un patrimoine financier approchant le million d'euros, multipliant presque par 2,3 son effort d'épargne grâce aux intérêts composes et à l'économie fiscale réinvestie.
L'articulation PER et assurance vie : pourquoi les deux enveloppes sont essentielles
| Critere | PER | Assurance vie |
|---|---|---|
| Avantage fiscal à l'entrée | Oui : déduction du revenu imposable | Non |
| Disponibilité des fonds | Bloques jusqu'à la retraite (sauf exceptions) | Disponibles a tout moment |
| Fiscalité à la sortie | Capital : barème IR / Gains : PFU 30 % | Après 8 ans : abattement 9 200 € (couple) puis 7,5 % |
| Cas de déblocage anticipe | Achat RP, invalidité, décès conjoint, surendettement | Aucune contrainte |
| Transmission en cas de décès | Integre à la succession classique | Abattement 152 500 € par bénéficiaire |
| Idéal pour | TMI élevée, objectif retraite | Épargne souple, transmission, projets |
La force de la stratégie de Sophie et Marc repose sur cette complémentarité parfaite :
Le PER offre un avantage fiscal immédiat (déduction à l'entrée) mais impose des contraintes : les fonds sont bloques jusqu'à la retraite (sauf cas exceptionnels comme l'achat de la résidence principale, le décès du conjoint, l'invalidité, ou la fin de droits au chômage) et la sortie en capital est imposée à l'impôt sur le revenu. C'est l'enveloppe idéale pour la tranche d'épargne qu'on est certain de ne pas toucher avant la retraite.
L'assurance vie n'offre aucun avantage à l'entrée mais brille à la sortie : après 8 ans, les rachats bénéficient d'un abattement de 9 200 euros par an pour un couple marie (sur les gains uniquement). De plus, les fonds restent disponibles a tout moment, et la transmission beneficie d'un cadre fiscal très avantageux. C'est l'enveloppe idéale pour l'épargne de précaution performante et les projets a horizon variable.
La fiscalité à la sortie : simulation détaillée de la retraite
A 62 ans, Sophie et Marc partent à la retraite avec une pension combinée de 3 800 euros nets par mois. Leur TMI retombe a 11 % (le revenu imposable du couple est d'environ 45 000 euros, dans la tranche a 11 %). Ils ont besoin de 1 200 euros supplémentaires par mois pour maintenir leur niveau de vie.
Via l'assurance vie : des rachats programmes de 800 euros par mois sur le contrat Boursorama Vie, qui aura alors plus de 24 ans d'ancienneté. Sur ces rachats, la part de gains represente environ 50 % de la valeur du contrat. Soit 400 euros de gains rachetés par mois, 4 800 euros par an. Après l'abattement de 9 200 euros, aucun impôt sur le revenu n'est du. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur les gains, soit environ 825 euros par an (69 euros/mois). Coût fiscal : dérisoire.
Via le PER : des sorties en capital fractionne de 400 euros par mois (4 800 euros/an). Cette somme est imposée à l'IR comme un revenu, mais a une TMI de 11 %, cela ne represente que 528 euros d'impôt annuel (44 euros/mois). Les gains sont soumis au PFU de 30 %, mais ils sont modestes par rapport au capital verse.
Le gain fiscal réel du PER : le différentiel de TMI
Le véritable gain du PER réside dans l'écart entre la TMI à l'entrée (30 % pendant la vie active) et la TMI à la sortie (11 % à la retraite). Sur 9 500 euros de versements annuels :
- Économie à l'entrée : 9 500 x 30 % = 2 850 euros/an
- Impôt à la sortie : 9 500 x 11 % = 1 045 euros/an
- Gain net annuel : 1 805 euros
Sur 25 ans de versements, ce différentiel represente un gain fiscal réel de 45 125 euros, en plus du rendement genere par le capital investi.
Le rattrapage des plafonds PER non utilises
Le couple a découvert une opportunité méconnue : les plafonds PER non utilises des trois années précédentes sont reportables. Depuis 2019, ni Sophie ni Marc n'avaient ouvert de PER. Ils disposent donc de plafonds cumules non consommes représentant environ 30 000 euros (3 ans x 10 000 euros de plafond moyen du couple).
Ils effectuent un versement exceptionnel de 8 000 euros la première année pour commencer à rattraper ce retard, générant une économie d'impôt supplémentaire de 8 000 x 30 % = 2 400 euros. Ce versement est reparti sur les deux PER et s'ajoute aux versements réguliers.
Les erreurs que Sophie et Marc ont évitées
Ne pas verser au-delà de leur plafond PER
Certains couples versent plus que leur plafond déductible, perdant ainsi l'avantage fiscal principal du PER. Les versements excédentaires ne sont pas déductibles et seront malgré tout imposes à la sortie sur la part de gains. Sophie et Marc vérifient chaque année leur plafond disponible (indique sur l'avis d'imposition, cases 6NS, 6NT, 6PS et 6PT) et ajustent leurs versements en conséquence.
Ne pas négliger la liquidité
En conservant 45 000 euros sur les livrets reglementes et en alimentant l'assurance vie en parallèle du PER, le couple garde une capacité de retrait immédiate importante. Le PER seul aurait cree un effet "tunnel" risque : tout l'argent serait bloque jusqu'à la retraite, sans possibilité de rachat en cas de coup dur (hors cas légaux de déblocage).
Ne pas rester a 100 % en fonds euros
Avec un horizon de 20+ ans, une allocation 100 % fonds euros a 2,70 % représenterait un coût d'opportunité considérable. La diversification vers les ETF actions et les SCPI ajoute de la volatilité a court terme mais offre un rendement espere bien supérieur sur le long terme. La différence entre 2,70 % et 5 % net sur 25 ans, pour 500 euros/mois, represente environ 180 000 euros de gains supplémentaires.
Attention à la mutualisation des plafonds PER
Pour mutualiser les plafonds PER du couple (utiliser le plafond de l'un pour les versements de l'autre), il faut impérativement cocher la case 6QR de la déclaration de revenus. Sans cette case cochée, chaque conjoint ne peut utiliser que son propre plafond. Sophie et Marc n'oublient pas de cocher cette case chaque année.
Ce qu'il faut retenir
Le cas de Sophie et Marc illustre la puissance de la combinaison assurance vie et PER pour un couple a TMI 30 % :
- Le PER genere une économie d'impôt immédiate de 2 850 euros par an, soit près de 25 % de réduction de la facture fiscale
- L'assurance vie offre la souplesse et la fiscalité optimale à la sortie (abattement de 9 200 euros pour un couple après 8 ans)
- La complémentarité des deux enveloppes couvre tous les scénarios : retraite, projets, imprévus, transmission
- Avec un effort d'épargne total de 1 290 euros par mois (791 euros PER + 500 euros assurance vie), le couple vise un patrimoine financier proche du million d'euros à la retraite
- Le différentiel de TMI entre l'entrée (30 %) et la sortie (11 %) genere un gain fiscal réel cumule de plus de 45 000 euros
- Les contrats en ligne (Linxea Spirit PER, Placement-direct Vie PER, Boursorama Vie) minimisent les frais et maximisent le rendement net
Le point clé : l'optimisation fiscale ne se limite pas a un seul produit. C'est l'articulation intelligente de plusieurs enveloppes, chacune jouant un rôle spécifique, qui maximise le résultat final tant en termes de réduction d'impôt que de constitution patrimoniale.
Cet article est publie a titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalise. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les projections sont basées sur des hypothèses de rendement qui peuvent ne pas se réaliser. Les plafonds de déduction PER et les tranches d'imposition évoluent chaque année. Avant toute décision d'investissement, consultez un conseiller financier qualifie.
