Avoir 50 ans et réaliser qu'on n'a presque rien mis de cote pour la retraite, c'est un choc. Pourtant, cette situation est bien plus courante qu'on ne le pense. Selon une étude de la DREES publiée en 2024, près de 40 % des Français de 50 ans déclarent ne pas avoir d'épargne financière suffisante pour compléter leur pension de retraite. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas trop tard. Le cas de Thierry le prouve : avec 12 ans de discipline, une stratégie structurée et une capacité d'épargne croissante, il parvient à transformer radicalement sa situation financière.
Le profil de Thierry : le réveil a 50 ans
Thierry a 50 ans. Responsable technique dans une entreprise de BTP a Nantes, il gagne 3 600 euros nets par mois (46 000 euros nets imposables par an). Divorce depuis 8 ans, il verse 500 euros de pension alimentaire pour sa fille de 16 ans. Il est propriétaire d'un appartement avec un crédit de 650 euros par mois (reste 6 ans).
Pendant des années, Thierry a vécu "au présent" : vacances, équipements, aide financière a sa fille, quelques depenses impulsives. Il n'a pratiquement rien épargné pour la retraite. A 50 ans, un collègue partant en retraite avec une pension de seulement 1 400 euros par mois lui fait prendre conscience de l'urgence. Ce collègue, qui avait un profil de carrière similaire au sien, lui confie regretter amèrement de ne pas avoir épargné plus tôt.
Ce choc psychologique est le déclencheur dont Thierry avait besoin. Il decide de prendre sa situation financière en main, méthodiquement et sans panique. Il commence par un audit complet de ses depenses sur 3 mois, en catégorisant chaque sortie d'argent. Ce travail fastidieux mais indispensable lui revele qu'il depense près de 350 euros par mois en abonnements inutilisés, restaurants impulsifs et achats en ligne qu'il pourrait facilement réduire.
Son patrimoine actuel
- Appartement (valeur : 180 000 euros, crédit restant : 42 000 euros)
- Livret A : 8 500 euros
- Épargne salariale (PEE) : 12 000 euros
- Aucune assurance vie
- Aucun PER
- Patrimoine financier : 20 500 euros
Pour un homme de 50 ans, ce patrimoine financier est très en dessous de la moyenne nationale. Selon l'INSEE, le patrimoine financier médian des 50-59 ans en France est d'environ 30 000 euros, mais les épargnants "actifs" de cette tranche d'age détiennent en moyenne plus de 80 000 euros. Thierry est donc nettement en retard. Mais il a un atout que beaucoup n'ont pas : une capacité d'épargne qui va croître significativement dans les années a venir.
Sa pension de retraite estimée
Après simulation sur le site info-retraite.fr, Thierry découvre que sa pension s'élèvera a environ 1 900 euros nets par mois a 64 ans. Ses charges fixes incompressibles sont de 1 400 euros (hors crédit qui sera rembourse). Il souhaite disposer d'au moins 2 500 euros par mois pour une retraite convenable, incluant les loisirs, les voyages et une aide ponctuelle a sa fille, soit un besoin de 600 euros mensuels supplémentaires.
En creusant davantage, Thierry découvre aussi que sa pension pourrait être impactee par la reforme des retraites de 2023 qui repousse l'âge légal. Il integre cette incertitude dans sa planification en prévoyant un scénario ou il travaillerait jusqu'à 64 ans, voire 65 ans si nécessaire.
Son objectif
Constituer un capital de 150 000 euros minimum d'ici 62-64 ans pour générer un complément de retraite de 600 euros par mois via des rachats programmes sur son assurance vie et son PER.
Sa capacité d'épargne : l'atout maître
Après analyse détaillée de son budget (un exercice que Thierry n'avait jamais fait auparavant), il identifie des marges d'épargne croissantes :
- Crédit immobilier restant : 650 euros/mois pendant 6 ans, puis 0 euros
- Pension alimentaire : 500 euros/mois pendant 2 ans (jusqu'aux 18 ans de sa fille)
- Capacité d'épargne immédiate : 700 euros/mois
- Capacité d'épargne dans 2 ans (fin pension alimentaire) : 1 200 euros/mois
- Capacité d'épargne dans 6 ans (fin crédit) : 1 850 euros/mois
C'est un avantage méconnu des "tardifs" : ils ont souvent une capacité d'épargne croissante car leurs charges fixes diminuent progressivement. La fin de la pension alimentaire et du crédit immobilier libere 1 150 euros par mois, qui viendront alimenter directement l'épargne.
Commencer a 50 ans : les chiffres rassurants
Même en démarrant a 50 ans, 12 à 14 ans d'épargne disciplinée peuvent transformer une situation financière. Un versement moyen de 1 200 euros par mois pendant 12 ans à 5 % net de frais genere environ 240 000 euros de capital. C'est largement suffisant pour financer un complément de retraite de 600 à 800 euros par mois pendant 30 ans. Le temps joue contre Thierry par rapport à un épargnant plus jeune, mais sa capacité d'épargne élevée compense ce handicap. A titre de comparaison, un épargnant de 30 ans qui place 300 euros par mois pendant 32 ans au même taux n'obtiendrait "que" 290 000 euros. L'écart est bien moindre qu'on ne le pense.
Le choix des contrats : comparer avant de souscrire
Avant de foncer tête baissée, Thierry prend le temps de comparer plusieurs contrats d'assurance vie en ligne. Il elimine d'emblée les contrats bancaires traditionnels, dont les frais sur versement (souvent 2 à 3 %) et les frais de gestion unités de compte eleves (0,80 à 1 %) grèveraient significativement sa performance sur 12 ans.
| Critere | Linxea Spirit 2 (Spirica) | Lucya Cardif (BNP Cardif) | Boursorama Vie (Generali) |
|---|---|---|---|
| Frais sur versement | 0 % | 0 % | 0 % |
| Frais de gestion unités de compte | 0,50 % | 0,50 % | 0,75 % |
| Frais de gestion fonds euros | 0,50 % | 0,50 % | 0,75 % |
| Nombre d'ETF disponibles | Plus de 700 | Plus de 600 | Plus de 400 |
| SCPI disponibles | Plus de 30 | Plus de 20 | Plus de 15 |
| Rendement fonds euros 2024 | 3,13 % | 3,00 % | 2,50 % |
| Versement minimum | 500 euros | 500 euros | 300 euros |
Thierry choisit Linxea Spirit 2 pour ses frais de gestion unités de compte les plus bas du marche (0,50 %), son large choix d'ETF et de SCPI, et le rendement compétitif de son fonds euros. Sur 12 ans, la différence de 0,25 % de frais de gestion entre Spirit 2 (0,50 %) et Boursorama Vie (0,75 %) represente environ 4 500 euros de gain net sur un capital de 140 000 euros. Les frais sont un ennemi silencieux mais redoutable.
Pour le PER, il opte également pour Linxea Spirit PER chez le même distributeur afin de centraliser la gestion et bénéficier des mêmes avantages de frais.
La stratégie mise en place
Thierry, conseille par un gestionnaire de patrimoine rencontre lors d'un salon, met en place un plan en trois phases alignées sur l'évolution de ses charges fixes.
Phase 1 : les deux premières années (50-52 ans) - 700 euros/mois
| Placement | Montant mensuel | Objectif |
|---|---|---|
| Assurance vie (Linxea Spirit 2) | 400 euros | Lancer le compteur des 8 ans + épargne diversifiée |
| PER | 200 euros | Déduction fiscale immédiate |
| Livret A (complément) | 100 euros | Porter l'épargne de sécurité a 15 000 euros |
Allocation de l'assurance vie (horizon 12+ ans) :
- 30 % fonds en euros : sécurité et liquidité
- 45 % ETF actions monde : moteur de croissance principal
- 15 % SCPI en assurance vie : rendement régulier et diversification immobilière
- 10 % ETF obligataires : stabilisation du portefeuille
Rendement estime : 5 % net de frais.
Économie fiscale PER : 2 400 euros/an x 30 % TMI = 720 euros d'économie d'impôt par an. Cette économie est réinvestie en versement exceptionnel sur l'assurance vie en début d'année suivante.
Thierry ouvre son assurance vie chez Linxea Spirit 2 (assureur Spirica) pour bénéficier de 0 % de frais sur versement, 0,5 % de frais de gestion unités de compte et un large choix d'ETF et de SCPI. Il ouvre son PER chez le même distributeur pour centraliser la gestion.
Phase 2 : de 52 à 56 ans - 1 200 euros/mois (fin de la pension alimentaire)
La fin de la pension alimentaire libere 500 euros par mois. Thierry augmente immédiatement ses versements :
| Placement | Montant mensuel | Objectif |
|---|---|---|
| Assurance vie | 600 euros | Accélération de la capitalisation |
| PER | 400 euros | Doublement de la déduction fiscale |
| Livret A | 200 euros | Matelas de sécurité a 25 000 euros |
Économie fiscale PER : 4 800 euros/an x 30 % = 1 440 euros par an.
A cette phase, l'assurance vie de Thierry commence à générer des intérêts composes significatifs. Chaque mois, les gains accumules produisent eux-memes des gains, créant un effet boule de neige de plus en plus puissant. Concrètement, à la fin de la phase 2, les intérêts générés sur le capital accumule représentent près de 200 euros par mois de gains supplémentaires, soit l'équivalent d'un versement "gratuit" que le temps offre a Thierry.
Phase 3 : de 56 à 62 ans - 1 850 euros/mois (fin du crédit immobilier)
Le remboursement du crédit libere 650 euros supplémentaires. Thierry passe en mode "sprint final" :
| Placement | Montant mensuel | Objectif |
|---|---|---|
| Assurance vie | 1 000 euros | Sprint final de capitalisation |
| PER | 600 euros | Maximisation de la déduction avant retraite |
| Livret A | 250 euros | Maintien du matelas de sécurité |
Économie fiscale PER : 7 200 euros/an x 30 % = 2 160 euros par an.
À partir de 58 ans, Thierry commence également à sécuriser progressivement son allocation en assurance vie, en augmentant la part de fonds en euros de 30 % à 40 %, puis 50 % à partir de 60 ans. L'horizon se raccourcit, et la priorité passe de la performance à la préservation du capital accumule.
Les chiffres : projection détaillée
Assurance vie a 62 ans
| Phase | Duree | Versement mensuel | Capital fin de phase |
|---|---|---|---|
| Phase 1 (50-52 ans) | 2 ans | 400 euros | 10 300 euros |
| Phase 2 (52-56 ans) | 4 ans | 600 euros | 44 200 euros |
| Phase 3 (56-62 ans) | 6 ans | 1 000 euros | 140 800 euros |
Capital assurance vie a 62 ans : environ 141 000 euros (dont environ 43 000 euros de gains capitalises).
Pour mettre ces chiffres en perspective, les 43 000 euros de gains représentent l'équivalent de 3 ans et demi de versements de 1 000 euros par mois. C'est la recompense de la patience et de la discipline : l'argent travaille pour Thierry, même quand il dort.
PER a 62 ans
| Phase | Durée | Versement/mois | Rendement | Capital fin de phase |
|---|---|---|---|---|
| Phase 1 | 2 ans | 200 euros | 5,5 % | 5 100 euros |
| Phase 2 | 4 ans | 400 euros | 5,5 % | 27 100 euros |
| Phase 3 | 6 ans | 600 euros | 5,5 % | 81 600 euros |
Capital PER a 62 ans : environ 82 000 euros (dont environ 25 000 euros de gains).
Le PER est investi dans une allocation plus dynamique que l'assurance vie (55 % ETF actions, 20 % ETF small caps, 15 % fonds euros, 10 % obligataires) car l'horizon de déblocage est fixe (retraite) et Thierry n'aura pas besoin de liquidité sur ce placement avant sa retraite.
Bilan global a 62 ans
| Élément | Montant |
|---|---|
| Assurance vie | 141 000 euros |
| PER | 82 000 euros |
| Livrets | 25 000 euros |
| Épargne salariale | environ 18 000 euros |
| Appartement (crédit rembourse) | 200 000 euros |
| Patrimoine total | 466 000 euros |
| Patrimoine financier liquide | 266 000 euros |
| Économie fiscale cumulée PER | environ 16 000 euros |
Thierry depasse très largement son objectif initial de 150 000 euros de patrimoine financier. En 12 ans, il est passe de 20 500 euros a 266 000 euros d'épargne financière liquide. C'est une multiplication par 13 de son patrimoine financier, rendue possible par la combinaison de trois facteurs : une capacité d'épargne croissante, la discipline des versements réguliers et la puissance des intérêts composes.
Le pouvoir de la capacité d'épargne croissante
Le parcours de Thierry illustre un phénomène sous-estime : la capacité d'épargne croissante des quinquagénaires. Alors que ses versements mensuels passent de 700 à 1 850 euros en 6 ans, chaque euro supplémentaire est demultiplie par les intérêts composes. La phase 3 (1 000 euros/mois sur l'assurance vie pendant 6 ans) genere a elle seule plus de capital que les deux premières phases combinées. C'est la preuve qu'il n'est jamais trop tard : même avec un démarrage modeste, l'accélération des versements dans les dernières années produit des résultats spectaculaires. A titre de comparaison, si Thierry avait pu investir 1 000 euros par mois des le départ (sans les contraintes de pension alimentaire et crédit), son capital final en assurance vie aurait atteint environ 195 000 euros. La différence de 54 000 euros est le "coût" de ses contraintes temporaires, mais le résultat reste remarquable.
Les revenus à la retraite
Configuration a 64 ans
Thierry decide finalement de repousser sa retraite de 2 ans (de 62 à 64 ans) pour maximiser sa pension de base (surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire) et laisser ses placements capitaliser 2 années de plus sans rachat. Cette décision est mûrie : chaque trimestre supplémentaire travaille augmente sa pension de base d'environ 24 euros par mois, soit près de 100 euros par mois pour 2 ans de travail supplémentaire.
A 64 ans, son patrimoine financier atteint :
- Assurance vie (14 ans d'ancienneté, fiscalité optimale) : environ 157 000 euros
- PER : environ 92 000 euros
- Livrets : 25 000 euros
Rachat programme assurance vie
Thierry met en place des rachats programmes de 600 euros par mois sur son assurance vie. Le contrat a 14 ans d'ancienneté, la fiscalité est optimale (abattement de 4 600 euros pour un célibataire sur les gains rachetes).
- Part de gains dans les rachats : environ 30 %
- Gains annuels rachetes : environ 2 160 euros
- Abattement célibataire : 4 600 euros
- Impôt sur le revenu : 0 euro (les gains rachetes sont inférieurs à l'abattement)
- Prélèvements sociaux : 2 160 x 17,2 % = 371 euros par an
Net mensuel après fiscalité : environ 569 euros.
A ce rythme de rachat, l'assurance vie de Thierry durera plus de 25 ans, car le capital non rachete continue de produire des intérêts. Le contrat s'épuisera vers ses 89 ans, bien au-delà de l'espérance de vie moyenne.
Sortie progressive du PER
Thierry effectue des rachats de 500 euros par mois sur son PER. A la retraite, sa TMI redescend a 11 % (sa pension de retraite seule ne le place plus dans la tranche a 30 %). L'écart de TMI entre l'entrée (30 %) et la sortie (11 %) genere un gain fiscal net de 19 points sur chaque euro verse.
- Impôt annuel sur les rachats PER : environ 660 euros
- Net mensuel : environ 445 euros
Total des revenus mensuels à la retraite
| Source | Montant net |
|---|---|
| Pension de retraite (avec surcote) | 1 900 euros |
| Rachats assurance vie | 569 euros |
| Rachats PER | 445 euros |
| Total | 2 914 euros |
Thierry depasse son objectif de 2 500 euros par mois et atteint 2 914 euros mensuels nets. Son complément de retraite de 1 014 euros est presque intégralement autofinance par les gains de ses placements.
Les points de vigilance pour les épargnants tardifs
La gestion du risque séquentiel
L'un des risques les plus redoutables pour un épargnant tardif est le "risque séquentiel" : un krach boursier survenant juste avant la retraite pourrait amputer sévèrement le capital au pire moment. Pour s'en prémunir, Thierry securise progressivement son allocation des 58 ans. Cette approche, appelée "glidepath" ou "trajectoire d'atterrissage", consiste à augmenter la part d'actifs securises (fonds euros, obligations) a mesure que l'échéance approche.
Concrètement, si un krach de 30 % survenait a 60 ans alors que Thierry a 50 % de son capital en actions, la perte serait de 15 % du capital total, soit environ 20 000 euros. C'est douloureux, mais pas catastrophique, car il reste 4 ans pour récupérer. En revanche, le même krach a 62 ans avec 60 % en actions aurait ete bien plus pénalisant.
La tentation des placements "miracles"
A 50 ans, Thierry reçoit régulièrement des sollicitations pour des placements atypiques promettant des rendements de 8 à 12 % : forets, parkings, cryptomonnaies, crowdfunding immobilier. Il resiste a ces sirènes. Non pas que ces placements soient tous mauvais, mais ils sont souvent illiquides, mal régulés et inadaptés a un épargnant qui n'a pas de marge d'erreur. Thierry peut se permettre un rendement de 5 % régulier ; il ne peut pas se permettre une perte de 50 % sur un pari rate.
L'erreur fatale à éviter a 50 ans : la prise de risque excessive
La tentation la plus dangereuse quand on demarre tard est de vouloir "rattraper le temps perdu" en prenant des risques démesurés : cryptomonnaies, trading a effet de levier, placements atypiques. A 50 ans, une perte de 50 % du capital serait irrécupérable car il n'y a plus assez de temps pour reconstruire. Thierry maintient une allocation équilibrée avec un rendement estime raisonnable de 5 %. C'est moins spectaculaire qu'un pari réussi sur une cryptomonnaie, mais infiniment plus fiable et prévisible. La discipline et la régularité battent toujours la spéculation sur le long terme. Rappelons que le Bitcoin a perdu 65 % de sa valeur entre novembre 2021 et novembre 2022 : un épargnant de 56 ans qui aurait investi 80 000 euros au sommet se serait retrouve avec 28 000 euros, sans aucune garantie de récupération dans son horizon de placement.
Les accélérateurs de rattrapage
Réinvestir systématiquement l'économie d'impôt
Chaque année, Thierry réinvestit son économie fiscale PER (720 à 2 160 euros selon les phases) dans son assurance vie sous forme de versement exceptionnel. Sur 12 ans, ce "bonus fiscal" represente environ 16 000 euros réinvestis, qui generent eux-memes des intérêts composes. C'est un cercle vertueux : le PER genere une économie d'impôt, qui est investie en assurance vie, qui produit elle-meme des gains. Cet effet de levier fiscal est souvent neglige, mais il represente a lui seul près de 20 000 euros de capital supplémentaire à la retraite (16 000 euros + les intérêts générés).
Profiter de la prime de départ à la retraite
Thierry percevra une indemnité de départ à la retraite d'environ 15 000 euros bruts (ancienneté de plus de 20 ans dans l'entreprise). Il versera cette somme intégralement sur son PER l'année du départ. L'avantage est double : déduction fiscale de 15 000 x 30 % = 4 500 euros d'économie d'impôt, et augmentation du capital retraite. Cette technique est particulièrement adaptée aux primes exceptionnelles qui gonflent temporairement le revenu imposable.
Épargne salariale : orienter la participation vers le PER collectif
L'entreprise de Thierry propose un PERCOL (ex-PERCO). Thierry y oriente désormais sa participation et son intéressement, qui bénéficient d'un abondement employeur de 100 % dans la limite de 1 000 euros par an. Avec l'abondement, chaque euro de participation versée sur le PERCOL est double, ce qui constitue un rendement immédiat de 100 %. Sur 12 ans, cet abondement represente 12 000 euros de capital gratuit offert par l'employeur.
Optimiser les depenses fixes pour dégager plus d'épargne
Thierry ne se contente pas d'attendre passivement la fin de ses charges. Il renegocie activement ses contrats :
- Assurance habitation : passage d'un contrat bancaire a un contrat en ligne, économie de 25 euros/mois
- Forfait mobile et internet : passage chez un opérateur low-cost, économie de 30 euros/mois
- Assurance emprunteur : délégation d'assurance grâce à la loi Lemoine, économie de 45 euros/mois
Ces 100 euros mensuels supplémentaires sont immédiatement verses sur l'assurance vie. Sur 12 ans à 5 %, ils generent près de 20 000 euros de capital additionnel.
Les alternatives envisagées et écartées
L'immobilier locatif
Thierry a brièvement envisage d'acheter un studio a Nantes pour le louer en complément de retraite. Mais après analyse, il a ecarte cette option pour plusieurs raisons : l'endettement supplémentaire a 50 ans est risque, la gestion locative demande du temps, la fiscalité des revenus fonciers est lourde (imposition au barème + prélèvements sociaux de 17,2 %), et la liquidité est faible. En comparaison, les SCPI en assurance vie offrent une exposition immobilière sans les contraintes de gestion, avec une liquidité bien supérieure et une fiscalité plus douce au rachat.
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA)
Le PEA aurait pu être une option intéressante, avec une fiscalité allégée après 5 ans (uniquement les prélèvements sociaux de 17,2 %). Cependant, Thierry a prefere l'assurance vie pour plusieurs raisons : la possibilité de combiner fonds euros, SCPI et ETF dans une seule enveloppe ; l'avantage successoral (clause bénéficiaire) ; et la souplesse des rachats partiels programmes. Il n'exclut pas d'ouvrir un PEA plus tard pour y loger une partie de ses ETF actions, mais l'assurance vie reste son véhicule principal.
Les erreurs que Thierry a évitées
Ne pas se décourager et ne rien faire
La pire erreur a 50 ans serait de se dire "c'est trop tard, a quoi bon". Même avec un démarrage tardif, 12 ans d'épargne disciplinée transforment radicalement la situation. Le pire moment pour commencer, c'était hier. Le meilleur, c'est aujourd'hui. Thierry aurait pu rester dans le déni et profiter de ses 700 euros de capacité d'épargne en consommation supplémentaire. Il a choisi l'investissement, et la différence à la retraite sera de plus de 1 000 euros par mois.
Ne pas tout sécuriser en fonds euros
A 50 ans, l'horizon reste de 12 à 15 ans. C'est suffisamment long pour une allocation équilibrée avec 50 à 60 % d'actifs risques (actions, SCPI). Un placement 100 % fonds euros a 2,5 % ne genererait que 110 000 euros au lieu de 141 000 euros sur l'assurance vie, soit un manque à gagner de 31 000 euros. Ce manque à gagner se traduit directement en complément de retraite : 31 000 euros de capital supplémentaire financent environ 130 euros de rente mensuelle pendant 20 ans.
Ne pas prendre de risques excessifs pour "rattraper"
Comme evoque plus haut, la tentation inverse est de miser sur des placements ultra-risques (crypto, trading, placements exotiques) pour accélérer le rattrapage. Thierry a consciemment refuse cette tentation et maintient une allocation équilibrée. Sa stratégie est ennuyeuse, mais elle fonctionne.
Ne pas négliger les frais
Thierry a spécifiquement evite les contrats d'assurance vie bancaires traditionnels avec des frais d'entrée de 2 à 3 %. Sur un capital de 141 000 euros, des frais d'entrée de 3 % auraient represente 4 230 euros de perte seche. Combine avec des frais de gestion unités de compte supérieurs de 0,25 %, le manque à gagner total sur 12 ans aurait depasse 8 000 euros. Les frais sont le premier ennemi de l'épargnant, et c'est le seul parametre qu'on peut contrôler avec certitude.
Ce qu'il faut retenir
Le cas de Thierry demontre qu'il n'est jamais trop tard pour commencer, et que les quinquagénaires disposent d'atouts spécifiques que les plus jeunes n'ont pas :
- Même en partant de 20 500 euros à 50 ans, on peut atteindre un patrimoine financier de 266 000 euros à 62 ans avec une épargne disciplinée
- La capacité d'épargne croissante (fin de la pension alimentaire, fin du crédit) est un levier puissant et prévisible
- Le PER genere 16 000 euros d'économie fiscale cumulée qui sont réinvestis et produisent eux-memes des gains
- Les revenus de retraite passent de 1 900 euros à 2 914 euros grâce aux rachats programmes, soit un complément de plus de 1 000 euros par mois
- Le choix du contrat (frais bas, bonne gamme d'unités de compte) fait une différence de plusieurs milliers d'euros sur 12 ans
- La sécurisation progressive de l'allocation protege le capital contre un krach de dernière minute
Le point clé : a 50 ans, vous n'avez pas le luxe du temps, mais vous avez celui de la capacité d'épargne. Les charges diminuent, les revenus sont souvent au plus haut de la carrière, et l'urgence motive comme rien d'autre. Avec 12 ans de discipline et un plan structure, la retraite peut être confortable. Thierry en est la preuve vivante.
Cet article est publie a titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalise. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les projections sont basées sur des hypothèses de rendement qui peuvent ne pas se réaliser. Les taux de rendement des fonds euros et les frais indiques correspondent aux données connues en 2024 et sont susceptibles d'évoluer. Avant toute décision d'investissement, consultez un conseiller financier qualifie.
